Mise à jour le lundi 31 mars 2025 par Pierre
La crise c’est celle des « gilets jaunes ».
Extrait :
La crise des gilets jaunes, avec ses deux éruptions majeures (celles du 1er décembre et du 16 mars), voit, fait sans précédent, le limogeage du Préfet de police de Paris et de deux de ses directeurs. Elle conduit à des interpellations de la France par l’ONU, le Conseil de l’Europe et le parlement européen. Elle met gravement en question les forces de sécurité, tant dans le champ de l’organisation du commandement, des stratégies et tactiques que des capacités. Elle interroge toutes les missions (renseignement – notons que la crise des gilets jaunes n’a pas été détectée –, police judiciaire, police administrative). Elle interroge l’adaptation des forces aux évolutions ayant suivies la crise de 1968.
Le CNEFG, initialement dénommé Centre de perfectionnement de la gendarmerie mobile naît en 1969 de la crise de 1968 du constat d’un besoin de professionnalisation qui l’entraîne. Au-delà d’un centre d’entraînement(1), c’est aussi un plan d’accroissement du nombre d’escadron de gendarmerie mobile (EGM) – 16 escadrons sont ainsi créés entre juillet 1968 et décembre 1969(2) – et de modernisation et d’acquisition de tenues, équipements et blindés spécialisés. C’est enfin la loi de 1970, peu évoquée dans les débats actuels, qui offrait des outils intéressants pour responsabiliser les organisateurs de manifestation. Jugée liberticide elle sera abrogée en 1981, alors même que les violences urbaines apparaissent dès 1971 (à VAULX-en-VELIN) avec des séquences très fortes, notamment en 1995 puis en 2005, que les blacks blocs s’imposent à partir des années 80, le sommet de l’OTAN en France en 2009 en révélant la capacité de nuisance, que les premières actions de désobéissance civile commencent à se déployer et que les épisodes de violences à l’occasion de manifestations diverses se répètent dans une longue litanie (Creys-Malville-1977, Plogoff-1980, CIP-1994, CPE-2005, loi travail-2017, 2018, pour ne citer que celles-ci).





